jeudi 12 juillet 2012

Manon alla Scala : la prima ! (19 juin 2012)


Chers amis et lecteurs,

Le 19 juin dernier, je suis allée à la Scala pour voir la première de Manon, un opéra de Massenet en cinq actes datant de 1884. J’y suis allée avec ma copine Amicie, une parisienne.

Pour les places pas chères de la Scala, il faut avoir le temps : il faut commencer à faire la queue le matin (vers 11h) pour attendre 13h que les personnes de la Scala prennent le nom (sur présentation d’un justificatif d’identité – ca c’est nouveau !) et le nombre de personnes, puis on revient à 17h pour faire la queue pour avoir un ticket, à l’appel immédiat de notre nom, puis on refait la queue pour acheter sa place (à 12€, tarif unique, en cash de préférence).
La séance était à 19h30, comme tous les opéras de la Scala. C’était la première ce soir-là : la « prima » comme on dit en italien.

"Prima delle prime" : première des premières



L’opéra était vraiment enlevé. L’avantage principal était que le livret est en français ce qui facilite considérablement la compréhension. L’histoire n’est pas trop compliquée – elle est tirée de l’œuvre « Manon Lescaut » (in extenso :  l'Histoire du chevalier Des Grieux et de Manon Lescaut) de  datant du XVIIIème siècle . - L’intrigue n’était pas aussi sophistiquée que celle des Noces de Figaro que j’avais vues précédemment (voir article précédent). 
Nous avons noté un effort de mise en scène important : les costumes étaient assez modernes, mais c’est surtout dans la mise en place des tableaux que nous pouvions constater un réel travail de mise en scène. Les décors étaient assez modernes, et en ce sens assez dépouillés, pourtant l’utilisation de l’espace par les chanteurs ou danseurs donnait une impression d’occupation organisée de la scène, avec plusieurs plans, mais de manière vivante néanmoins. De plus, avec les chants et les couleurs des costumes, on avait presque l’impression qu’il s’agissait d’une comédie musicale – notamment une scène dans une auberge, qui faisait penser à l’atmosphère du film Moulin Rouge. – Le niveau musical était vraiment impressionnant. Il y a eu un petit moment avec quelques danseuses du corps de ballet. C’était vraiment très chouette de voir les danseuses avec les tutus roses ! (Je reste extrêmement déçue d’avoir raté les représentations de Giselle, croyant qu’elles seraient programmées tout au long du semestre alors qu’elles se sont arrêtées assez vite). Il faut dire que le livret s’y prêtait volontiers, voire imposait cette incursion de la danse dans l’opéra (qui rassemble déjà de nombreux arts). J’ai tout de même été assez déçue par cette prestation. En effet, les danseuses, bien qu’en très petit nombre,  n’étaient pas ensembles. Je trouvais que cela gâchait un peu la magie de la scène…

Avec les places à 12€, on se trouve dans les galeries supérieures, tout à en haut du théâtre. Cette fois-ci ce n’était vraiment tout en haut mais l’avant-dernière galerie. Nos places étaient initialement situées sur les côtés. Mais comme ce sont les galeries, on peut facilement se lever et aller se mettre ailleurs. Ce soir-là, comme c’était la première, il y avait pas mal de monde, mais nous avons pu nous mettre tout au milieu, en se tenant debout et en se mettant contre le mur. On voyait vraiment très bien.







A l’entracte, comme nous nous étions habillées (un peu) – pas comme la fois d’avant où je n’avais pas eu le temps de me changer, et je suis donc allée à l’opéra en Converses à paillettes et jeans !!! – nous avons pu rêvasser au bar de l’opéra. Ce soir-là, les gens étaient très chics. C’était peut-être parce que c’était la première. Il faut savoir que les milanais s’habillent pour aller à l’opéra et que, de toutes façons, ceux qui rentrent avec les places pas chères (le peuple en somme !!!) ne rentrent pas par la même entrée que ceux qui ont payé leur place au plein tarif (je crois que le ticket d’entrée minimum est de l’ordre de 180€… gloups !)

Ma copine Amicie



Nous avons vraiment passé une excellente soirée et je suis très heureuse d’avoir pu y aller. Ce n’était pas un opéra grandiose, mais c’était suffisamment bien fait pour que ce soit prenant et très divertissant, tout en étant de qualité.
Nous étions enchantées par la magie de l’opéra et sommes rentrées chez nous avec les paillettes de l’opéra dans les yeux.



A bientôt pour de nouvelles aventures milanaises. Prenez soin de vous.
Musicalement vôtre,
Maïlys

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